SGUILLADA

Création 2020

Solo pour 1 danseuse-chanteuse et 2 musiciens

 

Codirection artistique 

Caroline Savi et Juha Marsalo

 

Interprétation danse et chant

Caroline Savi  

 

Création lumière | Fred Moreau 

Scénographie | Julien Peissel

Musique | Migué Dominici & Eva Tamisier 

Régie générale et construction | Juha Marsalo

Arts numériques | Guillaume Bertrand

Costumes | Cécile CasaBianca

Production | Cie LaFlux

Partenaires confirmés: 

Collectivité territoriale de Corse ; Théâtre de Bastia ; ville de Chalon sur Saône (Théâtre du Port Nord) ; Centre Culturel Anima à Prunelli di Fium’Orbu ; l’Aghja (ville d’Ajaccio) ; l’ARIA ; Commune de San Martino di Lota ; Ville d’Aubervilliers et Espace Renaudie ; KLAP (Marseille); Armunia (Italie) ; Théâtre d’Aurillac 

Annulés suite au covid:

ACE Buenos Aires (Argentine) ; L’Estruch (Sabadell-Espagne); Dantzagunea (Espagne); Institut Français du Maroc ; Les rencontres chorégraphiques de Casablanca (Maroc) ; Centre Chorégraphique de la Gomera (Espagne-San Sebastian de la Gomera);  Montdezon à St Ferreol  et Faverges 

 

 

 

NOTE D’INTENTION 

 

En se confrontant aux choses qui nous échappent, nous grandissons avec la confiance que nous sommes en mouvement.

 « Glissade »…Que se passe-t-il lorsqu’on flirt avec les limites de notre zone de confort ? Que va-t-on rencontrer ? Quel est notre rapport à l’adrénaline?

Pour sa première création en Corse, Caroline Savi,  directrice artistique de la Cie LaFlux, souhaite se plonger dans l’univers du ride.

Ce concept désigne une façon dynamique de s’adapter en temps réel et   de faire corps avec un autre élément en mouvement dont la puissance ou la vitesse est potentiellement plus grande que la notre.  

Pour chorégraphier ce ride dans lequel elle emmènera les publics, Caroline s’entoure d’une équipe composée d’artistes locaux mais aussi étrangers.

Avec Julien Peissel (scénographe), Fred Moreau (créateur lumières) et Juha Marsalo (codirecteur artistique) elle étudie les créations d’ Anthony Mac Call, un lighting designer américain. A la façon de ses faisceaux de « solid light work » ils vont explorer les matières de fumées, tenter de créer des structures, des paysages, des respirations lumineuses et imaginer un dispositif scénographique original; tandis que pour concevoir la dimension sonore du spectacle, deux musiciens spécialistes du rythme feront équipe et joueront en live: Eva Tamisier Vivarelli (guitare électrique et MAO) et Michè Dominici (batterie). Sur leurs sons la danseuse-chanteuse posera sa voix.

C’est sous des airs de concert de rock que nous abordons l’intensité ressentie dans la glisse. Il ne s’agit pas de représenter le surf mais d’en faire une métaphore pour exprimer une énergie vitale, qui s’affranchie des genres dans un rapport à la nature, au présent, et à notre condition humaine.

 

Pour cette pièce à la découverte de sensations subtiles et fortes ou de rêves à imaginer, la danseuse-chanteuse incarne une sirène déjantée, actuelle, rebelle, à l’énergie flambante. Obsédée par le désir de surfer, elle rêve, lutte avec les conventions qui la retiennent, cherche les espaces de liberté, fait face à son énergie de vie. Son chant vibre avec tout son corps en mouvement. Il y a de la fluidité, de la folie, du combat, de la grâce.

 

Dans sa gestuelle, elle joue avec la temporalité de la glisse et des émotions qui y sont liées, les transferts de poids du corps, les négociations avec les axes de forces horizontales et verticales, les chutes et les appréhensions, le rythme des séries, du cœur qui s’emballe, des élans et des visions capables de naître et mourir aussi vite. Etre en immersion mais rester entier, sensible, être un tout traversé, cela devient un challenge, une condition. Le corps possédé par le présent ne devient alors qu’un intermédiaire entre les éléments coexistants. A l’image des éléments naturels qui la dépassent elle impose sa présence et son parcours au spectateur, à lui de surfer…

 

Cette création s’inscrira dans un registre poétique et expérimental. Les sensations et images qui se développeront, s’accumuleront, s’estomperont, seront présentes pour toucher l’inconscient de chacun, notre feu intérieur, et pour questionner sur nos postures et nos possibles évolutions.

Cette création autour du surf interroge différents points de vue, différentes échelles, comme plusieurs lieux et temporalités.

 

  • I/ Point de vue subjectif, mouvements intérieurs, espace psychologique d’une femme passionnée:  C’est un regard sur la complexité des sentiments que la pratique du surf réveille en moi et dans le contexte social (volonté, liberté, obsession, passion, contradiction…). Il y a dans le surf quelque chose de fantasmagorique propice aux projections de notre inconscient. La nature est forte, le désir des vagues me happe, le cadre social et familial me limite, beaucoup de mouvement intérieurs sont inévitables.

 

  • II/ Point de vue objectif, espace environnemental, le flux de l’action: Faire face à la puissance de la mer, avec courage et persévérance, l’observer, la comprendre, lâcher les apparences, faire corps avec la vague, se challenger, s’épuiser, se ressourcer en même temps… Il s’agit d’une immersion intense, nécessitant une disponibilité physique et mentale dans un temps présent, un engagement extrême, l’ensemble créant un cocktail d’adrénaline détonnant et addictif. Cette énergie portée par une femme n’est pas anodine, elle témoigne d’une nature humaine sauvage qui réalise ses désirs,  cherche ses propres limites et non celle des autres. C’est un retour à soi en dehors de la civilisation et du sexisme. Simone de Beauvoir disait "On ne naît pas femme, on le devient". L'idée est de dire que nos comportements ou nos rôles ne doivent pas être naturellement définis par notre sexe. Quel genre de femme suis-je? Quel est mon équilibre, ma façon d’être, ma philosophie? L’art est alors un moyen de s’inspirer du surf pour amener chacun à se sentir vivant, accepter la fluidité, la liberté, autrement dit « surfer sa vie » (Joel de Rosnay).

 

Extrait d’une interview de Joel de Rosnay, écrivain scientifique et philosophe, champion de France de surf en 1960, qui parle de nature et de rapport au flux:

« Pour surfer je suis beaucoup tomber, j’ai chercher comment prendre la vague. J’ai essayer de me fabriquer des doigts palmés avec des gants pour ramer plus vite mais sans succès, puis j’ai fait confiance à mes propres bras…et la première fois que j’ai glissé sur une vague j’ai eu le sentiment non pas de dominer la nature mais d’être complémentaire de la vague. Elle me donne sa force, moi j’utilise mon équilibre pour manoeuvrer dessus. Donc la première fois que j’ai surfé je voulais remercier la nature de me donner des conditions aussi parfaites. Le surf c’est l’idée qu’on est dans la fluidité constante, qu’il faut s’adapter, trouver la bonne vitesse, le bon chemin. Glisser dans la vie c’est de ne pas se heurter à des obstacles ou s’obsédé avec des obstacles qu’on ne peut pas franchir, c’est faire le détour… »

 

  • III/ Forces Extérieures, le corps humain dépassé: Dans le surf le danger est omniprésent car nous jouons avec certaines dispositions des éléments naturels, donc un partenaire sauvage, intransigeant et souvent surprenant. Dans la 3e partie le corps se laisse dépassé par les éléments. Dans sa plénitude il s’abandonne aux flux de matière, il se dissout, se fond dans le tableau, en évoquant la grandeur et le sublime. Comme concept esthétique selon Kant cela désigne une qualité d’extrême amplitude ou force, qui transcende le beau par un sentiment d’inaccessibilité, d’illimité. Dans la continuité poétique et abstraite de la pièce se déploient une dimension métaphysique,  dans une recherche de fusion originelle ouvrant d’autres perceptions des corps.

© by Cie LaFlux/ Atelier6/ FRANCE

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